Nouveau Logement

Guide n° 02

Rentabilité brute, nette, nette-nette : bien calculer

Un rendement affiché à 5 % peut cacher une performance réelle bien inférieure. Savoir passer du brut au net, puis au net-net, est la première compétence d’un investisseur.

Lecture : 8 minMis à jour le 3 novembre 2026Paris & Île-de-France

Sommaire du guide
  1. La rentabilité brute
  2. La rentabilité nette de charges
  3. Un exemple chiffré pas à pas
  4. La rentabilité nette-nette (après impôt)
  5. Cinq erreurs fréquentes
  6. Quels ordres de grandeur en Île-de-France ?
  7. Questions fréquentes

Le mot « rentabilité » recouvre au moins trois réalités différentes. Les confondre est la source de la plupart des déceptions en investissement locatif. Ce guide pose des définitions simples, les applique à un exemple concret de logement neuf en petite couronne, et vous donne les repères pour juger une annonce ou une plaquette commerciale.

La rentabilité brute

C’est l’indicateur le plus simple, et le plus utilisé dans les annonces :

Rentabilité brute = loyer mensuel hors charges × 12 ÷ prix d’achat

Elle permet de comparer rapidement deux biens, à condition d’utiliser un loyer réaliste, c’est-à-dire celui pratiqué pour des logements comparables dans le même quartier, et non un loyer « espéré ». Dans les communes soumises à l’encadrement des loyers (Paris, Plaine Commune, Est Ensemble notamment), le loyer ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré, sauf complément de loyer justifié.

Sa limite est évidente : elle ignore toutes les dépenses. Deux biens à 5 % brut peuvent avoir des rentabilités nettes très différentes selon leurs charges et leur taxe foncière.

La rentabilité nette de charges

On retranche ici des loyers toutes les dépenses supportées par le propriétaire, et l’on divise par le coût total de l’opération :

Rentabilité nette = (loyers encaissés − dépenses annuelles) ÷ (prix + frais d’acquisition)

Les dépenses à intégrer sont les suivantes :

  • La vacance locative : quelques semaines sans locataire lors des changements. On l’exprime souvent en pourcentage des loyers (3 à 5 % dans un secteur tendu, davantage ailleurs).
  • Les charges de copropriété non récupérables : honoraires du syndic, fonds de travaux, assurance de l’immeuble, une partie de l’entretien.
  • La taxe foncière, qui varie fortement d’une commune à l’autre. Certaines constructions neuves bénéficient d’une exonération temporaire, selon la décision de la commune : renseignez-vous localement.
  • Les assurances : propriétaire non occupant (PNO) et, le cas échéant, garantie des loyers impayés (GLI).
  • Les frais de gestion si vous déléguez à une agence, généralement exprimés en pourcentage des loyers encaissés.
  • Une provision pour entretien, faible dans le neuf les premières années, mais pas nulle sur la durée.

Un exemple chiffré pas à pas

Prenons un deux-pièces neuf acheté 240 000 €, loué 980 € par mois hors charges, avec une gestion confiée à une agence. Les montants sont illustratifs.

Du loyer théorique au revenu net
PosteMontant annuel
Loyers théoriques (980 € × 12)11 760 €
Vacance locative (4 %)− 470 €
Frais de gestion (7 % des loyers encaissés)− 790 €
Charges non récupérables− 850 €
Taxe foncière− 950 €
Assurances PNO et loyers impayés− 420 €
Revenu net avant impôt8 279 €
Les deux rendements
IndicateurCalculRésultat
Rentabilité brute11 760 € ÷ 240 000 €4,90 %
Rentabilité nette (gestion déléguée)8 279 € ÷ 246 000 €3,37 %
Rentabilité nette (gestion en direct)9 070 € ÷ 246 000 €3,69 %

On perd typiquement entre un et deux points de rendement entre le brut et le net. Ce n’est pas un défaut du bien : c’est simplement la réalité des coûts de détention. Vous pouvez refaire ce calcul avec vos propres chiffres dans le simulateur.

La rentabilité nette-nette (après impôt)

Le dernier étage intègre la fiscalité : impôt sur le revenu et prélèvements sociaux sur les revenus locatifs. C’est l’indicateur le plus juste, mais aussi le plus personnel, car il dépend :

  • de votre tranche marginale d’imposition ;
  • du mode de location (nue ou meublée) et du régime (micro ou réel) ;
  • des charges déductibles, au premier rang desquelles les intérêts d’emprunt au régime réel, et, en meublé au réel, des amortissements.

Deux investisseurs achetant le même appartement peuvent donc obtenir des rendements nets-nets très différents. Notre guide fiscalité présente les grands principes ; pour un calcul précis, appuyez-vous sur les simulateurs officiels d’impots.gouv.fr ou sur un conseil fiscal.

Cinq erreurs fréquentes

  1. Utiliser un loyer optimiste. Vérifiez les loyers réellement pratiqués (annonces comparables, observatoires des loyers, plafonds d’encadrement) plutôt que le loyer suggéré par le vendeur.
  2. Oublier la vacance. Même dans un marché tendu, un changement de locataire coûte souvent deux à quatre semaines.
  3. Négliger la taxe foncière. Elle peut représenter l’équivalent d’un mois de loyer, voire davantage dans certaines communes.
  4. Diviser par le prix au lieu du coût total. Frais d’acquisition, parking ou cuisine achetés en option font partie de l’investissement.
  5. Confondre rentabilité et cash-flow. Un bien peut afficher une rentabilité nette correcte et un cash-flow négatif, parce que le crédit coûte plus cher chaque mois que ce que rapporte le loyer net. Voir le guide cash-flow et effet de levier.

Quels ordres de grandeur en Île-de-France ?

Il serait trompeur de donner un « bon » taux universel. À Paris intra-muros, les rendements bruts sont historiquement parmi les plus faibles de France, car les prix sont très élevés au regard des loyers, eux-mêmes encadrés. En petite et grande couronne, les rendements sont en général un peu supérieurs, avec de fortes disparités d’une commune, voire d’un quartier, à l’autre.

Plutôt qu’un seuil, retenez une démarche : comparer plusieurs biens avec la même méthode, sur le même horizon, en intégrant l’emplacement et le potentiel de revente. Un rendement un peu plus faible dans un secteur très recherché peut être un meilleur investissement qu’un rendement élevé dans une zone où la demande locative est fragile.

Questions fréquentes

Faut-il calculer la rentabilité sur le prix ou sur le coût total ?

Par convention, la rentabilité brute se calcule souvent sur le prix seul, ce qui la rend flatteuse. Pour la rentabilité nette, il est plus juste de diviser par le coût total : prix, frais d’acquisition, éventuels frais de garantie et équipement (cuisine, parking acheté à part…).

Les charges récupérables entrent-elles dans le calcul ?

Non, si vous raisonnez en loyer hors charges. Les charges récupérables sont payées par le locataire via les provisions mensuelles et régularisées chaque année. Seules les charges non récupérables restent à votre charge et viennent réduire la rentabilité nette.

Le crédit change-t-il la rentabilité nette ?

Non. La rentabilité nette mesure la performance du bien, indépendamment de son financement. Le crédit intervient dans le calcul du cash-flow et de la rentabilité des fonds propres.

AvertissementCe guide a une vocation pédagogique. Les règles fiscales et juridiques évoluent chaque année : vérifiez les dispositions en vigueur sur service-public.fr, impots.gouv.fr ou economie.gouv.fr, et faites-vous accompagner par un professionnel pour votre situation personnelle.

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