Nouveau Logement

Guide n° 04

Fiscalité : location nue ou meublée (LMNP) ?

La fiscalité ne doit pas guider seule le choix d’un investissement, mais elle pèse lourd sur son résultat final. Voici les grands principes pour comparer location nue et location meublée.

Lecture : 9 minMis à jour le 3 novembre 2026Paris & Île-de-France

Sommaire du guide
  1. Le principe : des revenus imposables
  2. Location nue : les revenus fonciers
  3. Location meublée : le statut LMNP
  4. Nue ou meublée : comparatif
  5. Pinel et dispositifs fiscaux : où en est-on ?
  6. Comment choisir ?
  7. Questions fréquentes

Les revenus tirés d’un logement loué sont soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Selon que le logement est loué vide ou meublé, ces revenus ne relèvent pas de la même catégorie fiscale, ne se calculent pas de la même manière et ne laissent pas le même résultat net. Ce guide présente les mécanismes généraux : les seuils, taux et plafonds sont fixés par la loi de finances et évoluent, vérifiez-les chaque année sur impots.gouv.fr.

Le principe : des revenus imposables

Le revenu imposable n’est pas le loyer encaissé, mais le loyer diminué de certaines charges, soit forfaitairement (régimes « micro »), soit pour leur montant réel (régimes « réels »). Ce revenu s’ajoute à vos autres revenus et il est taxé à votre tranche marginale d’imposition, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux au taux en vigueur.

Conséquence directe : plus votre tranche marginale est élevée, plus le choix du régime compte. Un contribuable non imposable et un contribuable dans une tranche haute n’ont pas du tout le même intérêt à optimiser.

Location nue : les revenus fonciers

Un logement loué vide génère des revenus fonciers. Deux régimes coexistent.

Le micro-foncier

Accessible lorsque les loyers bruts annuels de l’ensemble de vos locations nues ne dépassent pas un plafond (15 000 € selon la réglementation en vigueur à la date de rédaction), il applique un abattement forfaitaire de 30 % représentatif des charges. Vous n’avez rien à justifier : simple et lisible.

Son inconvénient pour un investisseur à crédit : il ignore les intérêts d’emprunt, la taxe foncière, les charges et l’assurance. Si vos charges réelles dépassent 30 % des loyers, ce qui est fréquent les premières années d’un crédit, le régime micro vous fait payer trop d’impôt.

Le régime réel

Vous déduisez vos charges pour leur montant exact : intérêts d’emprunt et assurance emprunteur, taxe foncière (hors taxe d’ordures ménagères récupérable), charges de copropriété non récupérables, frais de gestion, assurances PNO et loyers impayés, travaux d’entretien et d’amélioration.

Si les charges dépassent les loyers, vous constatez un déficit foncier. La part hors intérêts d’emprunt est imputable sur votre revenu global dans une limite annuelle (10 700 € en règle générale), le reste étant reportable sur les revenus fonciers des années suivantes. Dans le neuf, où il n’y a pas de travaux, le déficit foncier est surtout lié aux intérêts des premières années et reste généralement limité. L’option pour le réel engage pour trois ans.

Location meublée : le statut LMNP

Un logement loué meublé, c’est-à-dire équipé d’une liste minimale de meubles et d’équipements fixée par décret (literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, vaisselle, rangements…), génère des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Tant que vos recettes de location meublée restent modestes au regard de vos autres revenus, vous êtes loueur en meublé non professionnel (LMNP). Le statut de loueur professionnel (LMP) s’applique lorsque les recettes annuelles dépassent 23 000 € et excèdent les autres revenus d’activité du foyer.

Le micro-BIC

Sous un plafond de recettes, un abattement forfaitaire s’applique : 50 % pour une location meublée classique de longue durée, selon les règles en vigueur. Plus généreux que le micro-foncier, il reste un forfait qui ignore les charges réelles.

Le régime réel et l’amortissement

Au réel, vous déduisez les charges comme en location nue, et surtout vous pouvez amortir comptablement le bien (hors valeur du terrain), le mobilier et certains frais. L’amortissement est une charge « non décaissée » : il réduit le résultat imposable sans sortie d’argent. Il ne peut pas créer de déficit, mais l’excédent est reportable. Résultat fréquent : des loyers peu ou pas imposés pendant de nombreuses années.

Ce régime impose une comptabilité (souvent confiée à un expert-comptable ou à un centre de gestion agréé) et une déclaration spécifique. Point important : la loi de finances pour 2025 a prévu que les amortissements déduits soient pris en compte dans le calcul de la plus-value imposable lors de la revente, sauf exceptions. L’avantage de la phase de location doit donc être apprécié au regard de la fiscalité de sortie (voir notre guide revente).

Nue ou meublée : comparatif

Principales différences pour un bailleur
CritèreLocation nueLocation meublée (LMNP)
Catégorie fiscaleRevenus fonciersBIC
Régime forfaitaireMicro-foncier, abattement 30 %Micro-BIC, abattement 50 % (longue durée)
Régime réelCharges réelles, déficit foncierCharges réelles + amortissements
Durée minimale du bail3 ans (bailleur personne physique)1 an (9 mois pour un étudiant)
Dépôt de garantie maximal1 mois de loyer hors charges2 mois de loyer hors charges
Profil de locatairesFamilles, couples, durées longuesÉtudiants, jeunes actifs, mobilité
GestionPlus simple, rotation faiblePlus active : mobilier, rotation, comptabilité

Pinel et dispositifs fiscaux : où en est-on ?

Pendant une dizaine d’années, l’investissement locatif neuf a été porté par le dispositif Pinel, qui offrait une réduction d’impôt en contrepartie d’un engagement de location avec plafonds de loyers et de ressources. Ce dispositif a pris fin le 31 décembre 2024 : il n’est plus possible d’en bénéficier pour un nouvel achat. Méfiez-vous des contenus qui le présentent encore comme une option.

Les pouvoirs publics ont depuis débattu de nouveaux mécanismes pour soutenir l’investissement locatif des particuliers, notamment dans le neuf. Leur existence, leurs conditions (zones éligibles, plafonds de loyers, durée d’engagement, niveau de l’avantage) et leur calendrier dépendent des lois de finances successives. Nous ne les détaillons pas ici pour ne pas risquer de vous donner une information datée : consultez impots.gouv.fr, service-public.fr et economie.gouv.fr, ou un conseiller fiscal, avant de prendre une décision.

Notre position

Un bon investissement doit être rentable avant tout avantage fiscal. Un dispositif peut améliorer un projet solide ; il ne rattrape jamais un mauvais emplacement ou un prix surévalué.

Comment choisir ?

Quelques repères pour orienter la réflexion :

  • Petite surface près d’un pôle universitaire ou d’affaires : la location meublée est souvent naturelle (studios, deux-pièces), avec une demande de locataires mobiles.
  • Trois-pièces et plus, en zone résidentielle : la location nue attire des ménages plus stables, avec moins de rotation et de gestion.
  • Tranche marginale élevée : le régime réel (foncier ou LMNP) mérite presque toujours d’être chiffré.
  • Horizon de revente : intégrez dès l’achat la fiscalité de la plus-value et la règle de réintégration des amortissements en meublé.

Le choix fiscal se fait au cas par cas, idéalement avec l’aide d’un expert-comptable ou d’un conseiller en gestion de patrimoine. Commencez par mesurer la performance avant impôt dans le simulateur, puis faites chiffrer l’impact fiscal de chaque option.

Questions fréquentes

Peut-on passer de la location nue à la location meublée ?

Oui, à l’occasion d’un changement de locataire et en respectant les règles du bail en cours. Le changement de régime a des conséquences fiscales (catégorie de revenus, éventuel déficit foncier reportable, calcul de la plus-value) : faites-le étudier avant.

Le Pinel peut-il encore être souscrit ?

Non. Le dispositif Pinel n’est plus accessible pour les acquisitions réalisées depuis le 1er janvier 2025. Les investisseurs entrés avant cette date poursuivent leur engagement de location selon les règles applicables à leur acquisition.

Qu’est-ce que le déficit foncier ?

Au régime réel de la location nue, lorsque les charges déductibles dépassent les loyers, il apparaît un déficit. La part qui ne provient pas des intérêts d’emprunt peut s’imputer sur le revenu global dans une limite annuelle fixée par la loi ; le surplus est reportable sur les revenus fonciers des années suivantes.

AvertissementCe guide a une vocation pédagogique. Les règles fiscales et juridiques évoluent chaque année : vérifiez les dispositions en vigueur sur service-public.fr, impots.gouv.fr ou economie.gouv.fr, et faites-vous accompagner par un professionnel pour votre situation personnelle.

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